Michel Le Quéré

Michel Le Quéré

extraits

 

 

 

 

 

 

RAPPEL :

 

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     " Le poète est sculpteur. Il sculpte son langage.

De là, une langue drue, inventive, qui fait d'un nom un verbe,

d'un adjectif un nom, en leur donnant une force d'impact nouvelle.

Du beau travail d'artisan ! "

                                                                                           

Constant Vautravers 

 

 

table de travail.JPG
 

 

 

  

 

 

 

 

 

extrait :

POLAIRE I

 

les Lofoten

extérieur nuit

tempête de neige sous mes paupières où

je cherche l'hiver de tes yeux

 

je cherche l'hiver de tes yeux

leur cristal

ce cristal de l'eau des neiges d'avril

 

je cherche l'hiver de tes yeux

sur la piste des Pôles

tout un voyage immense

en d'infinies blancheurs bleutées

 

je cherche l'hiver de tes yeux

dans les cris des attelages

et sur l'océan irisé de l'âme des couleurs

 

je cherche l'hiver de tes yeux

dans l'errance du pinceau

de Sisley à Louveciennes

 

mon besoin de toi

comme une aveugle chrysalide de pierre

 

sous mes paupières

les Lofoten

baiser d'hiver lapon

ni eau ni neige ni glace

 

 

 

extrait :

 

NOVICIAT

 

apprends-moi à marcher dans ton cri invisible

dans les ruisseaux peureux

qui hésitent sous tes paupières

dans le sage estuaire de ta main

où je peux coucher ma joue quand tu voudras

apprends-moi à marcher

c'est difficile

quand on n'est qu'un arbre noir

dans la foule de ses frères en souffrance

apprends-moi à marcher

dans les obligations du discernement

là-bas dans le courroux assimilé

au-delà des neiges rougies

apprends-moi la résistance à la fusion

les fortifications contre l'osmose

les prénoms de la pierre

où tu aiguises ta carapace

apprends-moi à marcher

lance-moi dans ta vie

de toi à toi

trois petites tentatives d'éternité

prends-moi dans tes turbulences

 

je n'ai que onze mois

au compteur de ton existence

 

 

 

extrait :

 

Veillée d'armes

 

je mourrai demain soir

mais le chêne de mes bras continuera sa course

de forçat

ses levées de chagrin

ses poussées vives en barricades

 

je mourrai demain soir

exilé

sur la rive opposée au baiser

de l'autre côté des heures infranchissables

 

je mourrai demain soir

enlacé dans l'idée de ta respiration de papillon

qui me recoud

dans mon cou

 

 

 

 

 

 

extrait :

 

à la frontière de mon enfance

et en robe Pompéi

forteresse à jamais parturiente

 

tu t'effaces

et l'écharde archaïque

du chaos

 

ici

je m'accompagne

à te perdre

 

 

 

 

extrait :

 

toutes ces volontés d'aube

fracassées là

au granit lourd et vertical

de ta respiration

 

 

 

 

extrait :

 

et la force d'aller

encore une fois chercher

le jour

lui faire une toilette de lavande

pour lui présenter

les pans de peine restructurés

les souvenirs disjoints remaçonnés

toutes les minuscules ruptures d'amour

comblées au sable de marchand

tout ça pour mieux cacher

la petite dernière

l'ultime ligne de faille

qui nous rendra si libre

de toute autre

 

 

 

 

 

extrait :

 

chaque matin est dans l'attaque d'un requiem

brut et cru de carrière

et tout le jour

pour la splendeur tragique du mausolée

cette douleur qu'on taille et qu'on respire

 

 

 

 

 

 

 

extrait :

 

La guetteuse d'aube

 

elle

c'était lui

un petit soleil

le mien

une échappée de lumière infatigable

mon orient couronné de courage ouvrier

docile producteur de modestie

diligent papillotage du travail forcé

papillon obéissant aux héroïnes capricieuses

du vent

aux bonds d'humeur des nuages de l'Histoire

souple danseur des sèves des jardins

lui

de ces petits soleils de rien

jusqu'à l'humilité

son bien

 

elle

ce père la vie

elle c'est lui qui veille sur moi

toutes mes lumières dans la prière de sa robe

et me brûler encore la peine

à sa parole bleue

quand le couchant de ses yeux enferme

le labeur

au coffre des usines

l'écouter en ses mille chemins

porteurs de mes châteaux d'enfant

le revoir traverser ma chair diaphane

de mandarine

qu'il change en sucre

des bouillons de confiture

 

elle

c'était lui

la flamme de cette bougie

 

 

 

 

extrait :

 

sous le pont du Vernet

surpris de voir passer trente ans après

le bateau en papier lancé trente ans plus tôt

chargé de grumes de rêve et d'enfance jusqu'aux yeux

comme si la nuit les fleuves remontaient vers leur source

par l'échelle nostalgique de l'amour

et les contre-cascades du chagrin

 

 

 

 

 

extrait :

 

PROFITS ET PERTES

 

sur tes doigts-papillons

petit frère

le temps de pouvoir compter

trois allers de chants heureux et de marelles

de sucreries légères et d'amis rassemblés

d'éclats de rire et de festins

et la tempête carnassière de nos crimes aura soufflé

son âme blanche

 

sous ces climats de toutes les faims

et avant le nombre trente et un

il s'éteint

il s'éteint un petit frère

petit frère

un lendemain un temps prochain du lumineux

un chemin un adieu

qui ne pourra jamais se mettre sur son trente et un

de l'humain

 

à quoi ils servent les nombres

au-delà de la troisième dizaine

 

 

 

 

extrait :

 

MA FILLE

 

 

pour Claude Nougaro

 

 

petite fée ébouriffée

sortie tout droit d'un dessin animé

flashant pour moi les couleurs du bonheur

sur le tableau tout noir de mon coeur

 

garde-moi une place dans ton dessin

garde-moi une place dans ton destin

une couleur dans les ors

pour qu'on s'aime toujours encore

ma fille ma bastille ma fille

 

avec le bout d' ton nez plein d' confiture de groseille

tu peins nos rendez-vous de colliers de soleils

tu es la mémoire de tous mes  Noëls

le dis pas à Maman j' t'ai ach'té des caramels

 

c'est drôle ce mot papa papa papa papa

j' l'écris partout dans mon agenda

toutes tes questions sont autant de guérisons

tu fais rimer bonbon avec révolution

 

t' es fière là-haut sur mes épaules

tu assures tu m' rassures tu contrôles

tu m' dis Papa fais-moi encore le manège

j'ai un ticket avec toi j' le f'rai d'main mon solfège

 

tu sens si bon peluche et savon

moi c'est quand tu m'embrasses que j' me sens bon

mais dans tes yeux déjà des chagrins des espoirs

la peur de l'ombre des démons de l'Histoire

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                            reliure Marie Bertrand

extrait :

 

LE TAILLEUR D'EMPIRE

 

 

à Dany

 

Tu te souviens, Papa, tu taillais mes crayons,

Mes crayons de couleurs dans leur boîte de fer !

Ce moment maintenant, sans fin je le vénère,

C'est si loin quand j'étais ton tout petit garçon !

 

Tu sortais ton couteau, son beau manche en laiton

Où des chasseurs charmaient tout mon imaginaire,

Et dans ton coeur adroit de tailleur et de père,

Tu sculptais mon futur en plus de mes crayons.

 

Tu me disais de bien travailler à l'école,

Moi je fixais tes mains et buvais tes paroles.

Les crayons retrouvaient leur mine et leur sourire

 

Sous tes gestes précis, dominés et sereins.

Je comprends aujourd'hui, tu taillais un empire

Où je suis devenu un sculpteur de chagrin.

 

 

 


Le tailleur d'empire par michellequere

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                           

 

 

 

 

 extrait :

 

chaque matin

dans la fournaise du chagrin

je me redresse sous les coups

de la mélancolie

la dentelle du courage à recoudre

je m'acharne

je ne cède

je retourne sans fin sur mon métier

qui est de te nourrir

des lieux fidèles de notre mémoire

agenouillée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

extrait :

 

          Mais le grand-père n'avait pas que des problèmes d'eau. C'était une fin de pergnière. Dans ce moment de flottement où les choses attendent l'autorisation de reprendre une activité normale. Le calme, hagard encore, restait maître mais s'étirait en semblant surveiller quelque chose. Qu'avais-je perçu ? Un indéfinissable malaise retenait ma respiration. C'est cet instant-là qu'il choisit pour rentrer. L'attelage venant de la côte rasa la bouchure du champ de la vigne, au pas, comme pour éviter de se faire remarquer et s'engagea dans le champ des paillers. Tu parles que la grand-mère ne l'avait ni vu ni entendu ! Depuis midi que son inquiétude ne la tenait plus en place, échafaudant le pire, épiant par l'oeil de boeuf du souillard, tendant l'oreille au loin vers Chadet. Elle craignait, à juste titre, les retours de son homme de la foire de Saulzais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

extrait :


 
sucres d'orge et d'enfance,
mes petits, mes lointains,
mes remèdes, mes sucreries,
mes lumineux,
mes diamants d'ombre,
pendez-vous à mon cou
afin que je puisse vous cacher
mon chagrin !

 

 

 

 

 

 

 

extrait :

 

 

Un jour ma mère entra dans la rivière. Jusqu'à la taille. S'opposant au courant qu'elle fendit comme la verte colère d'un torrent venu à sa rencontre. La rivière n'emporta pas Maman, mais pendant quelques instants, j'eus le sentiment d'un combat entre deux souveraines, d'une lutte de haute mer, d'une empoignade entre les muscles lourds qui courent sous la peau des chevaux, d'un silence noir et torturé, d'une soudure, d'une complicité.

 

 

 

 

La Maison du Vernet.jpg

 

4e couv Le Vernet.jpg

 

 

 extrait :

 

Jai maintenant des devoirs. Je minstalle pour ce faire à la frontière de la soupe de légumes. Tout en épluchant poireaux, pommes de terre et navets, la Colette me jette parfois un drôle de regard interrogateur. Elle ne dit rien car elle sait que je mapplique, que je fais partie des meilleurs élèves de ma classe et que jaime lécole. Je sais ce quelle pense et elle sait que je le sais. Elle se doute bien que je ne vais pas me mettre là sous ses yeux à recopier cent fois mon poème préféré sur des petits morceaux de papier. Nempêche que cest à ça quelle pense. Moi je suis plongé dans le cours dorthographe de Monsieur et Madame Bled. Je mets les points dexclamation comme il convient et les points dinterrogation sil y a lieu ; jaccorde les adjectifs Je donne des compléments de nourriture à mon savoir. Sur mon cahier de brouillon et au crayon de papier car encre et porte-plume sont réservés à la classe.

 

 

 

 

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Le saule de Mézenchon

légende en pays de Mézenc

 

ouvrage bilingue Français-Occitan

traduction en Occitan Hervé Quesnel

 

Editions du Roure

 

 

extrait :

 

La montagne leur éclaircit l’âme, pousse l’inutile hors de leurs pensées. La

lumière devient

irréelle quand ils décident d’interrompre leur randonnée. Ni nuit, ni jour. Il fait

ivoire liquide

dans le vent qui se lève. Le paysage alentour se noie dans une atmosphère lactée

surnaturelle.

Amelin et Ameline éprouvent un étrange pressentiment.

 

 

Une légende est un récit à caractère merveilleux transformé par l’invention poétique. Or la tradition, les us et les coutumes veulent qu’une telle représentation embellie de la vie remonte à des temps immémoriaux ; appartienne forcément à un pays, à son histoire et à ses habitants. Michel Le Quéré a voulu revisiter cette vision en inventant de toutes pièces Le saule de Mézenchon. Et toujours en tentant de faire œuvre littéraire. Mais c’est peut-être Hervé Quesnel, par sa traduction en Occitan, qui enracine véritablement en Velay Le saule de Mézenchon.

 

 

 

 

 

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 Corps Accord, architectures du chaos

 Editions AEDAM MUSICAE

 

 

extrait :

 

 Comme si et toujours vives en moi les traces
des toutes premières musiques du monde, les
empreintes du vivant comme celles plus âpres des
palpitations telluriques, les brisées des chevauchées
du vent et les voies de la course de l’eau, les livrées
des chants d’oiseaux et les ombres des plaintes des
premiers hommes. Comme si toute musique me troublant
me prenait par la main afin de me guider sur la
sente obscure des origines. Comme si toute musique
me bouleversant précédait une langue, un sens caché
à déchiffrer…

 

 

 

 

 

couv photo marie.jpg

 

 

La Tuilerie de Meaulne

Editions  La Bouinotte

 

 

 

 extrait :

 

Notre maison d'habitation et son jardin semblent à chaque instant

pouvoir être dévorés par l'usine. Ils forment une enclave dont le seul accès à

la mer, au voyage, à l'ailleurs est cette route nationale 144 qui écrase les enfants.

Il me semble me souvenir que ça ne me disait rien

d'échanger la jolie chaumière du Vernet contre cette écharde prisonnière

d'une congestion de tas de briques. Notre chat noir Farouk a dû à

l'époque, en cet automne 58, ressentir la même aversion que moi pour cette tuilerie,

ce chambardement, ce nouvel exil. Contrairement à moi

il aura lui le courage de ses opinions et ne tardera pas, malgré promesses,

caresses et menaces, à redescendre dans son fief, à rejoindre sa base,

la maison du Vernet dont les nouveaux occupants se félicitèrent,

paraît-il, de sa présence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lignes de mouvement

 

 

J'écris dans six directions :

 

la poésie classique et plus particulièrement le sonnet ( Le sansonnet, inédit )

 

la poésie engagée au service de la fraternité ( Sanguines, Passage obligé, Hermanito )

 

la poésie en vers libres pour coller au plus près de l'enfoui, de l'enfui et des émotions

                                        ( L'hiver est un pont sans issue, Demeures demeurent ... )

 

les petits poèmes en  prose qui sont plutôt des impressions que des récits

                                        ( Portée ou l'alliance des sources )

 

les haïkus ( Dialogue dans le pas des saisons, inédit )

 

le récit romancé

J'ai entrepris en 2005, sous le nom de plume de Louis Le Calvez, la rédaction de mes souvenirs d'enfance.

Le premier tome, intitulé Les Terres de Montbout, parut en novembre 2011,

le deuxième, La Maison du Vernet, en avril 2014, et le troisième, La Tuilerie de Meaulne, en avril 2018.

Tous les trois publiés par les Editions La Bouinotte de Châteauroux.

( En berrichon, la bouinotte est une petite fenêtre d'écurie. )

 

 

 

  

     une page du manuscrit du 3 ème Tome des Souvenirs d'Enfance

 

 

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Et la parole ?

 

       J'aime beaucoup lire mes textes. Le Carré 30 me manque. Ce lieu culturel de Lyon accueille chaque mois un café poésie et sa scène ouverte  à qui veut dire ou lire les poèmes de son choix. Ce qui est le principe même du slam à la mode aujourd'hui, c'est-à-dire un échange avec un public dont on fait soi-même partie.

     Alors je cherche des bibliothèques, des librairies, des médiathèques, des printemps ou des festivals organisant des lectures, des soirées Poésie qui accepteraient de m'écouter un instant ou un peu plus. Ma fille Margot joue du violon. J'aime que sa musique accompagne certaines de mes lectures.

 

 

 

 

 

 

Veillée poétique du 12 juin 2002

Maison Cazin, Village médiéval de Pérouges ( Ain )

Jade Vuaillat, lectures

Anne-Cécile Le Quéré-Pernin, clavier

Margot Le Quéré-Pernin, violon

Michel Le Quéré, lectures, chant, guitare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



27/11/2010
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