Michel Le Quéré

Michel Le Quéré

Les parallèles de l'ange

 

 

 

RAPPEL :

 

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 " J'aime l'oiseau qui m'a mis des ailes aux pieds."

Michel Serres

 

" L'homme est le seul animal qui apprenne à ses jeunes à tuer leurs semblables. Il y a même des écoles pour cela. On les appelle des casernes. "

Théodore Monod

 

" Désormais, plus que jamais, l'animal nous regarde et nous sommes nus devant lui.

Et penser commence peut-être par là. "

Jacques Derrida

 

"Le plus grand danger dans la vie vient du fait que la nourriture de l'homme est entièrement constituée d'âmes."

Maxime du peuple Inuit

 

 

 

 

 

 

ENVOL

 

 

Et la chose se mit à me parler. Un matin comme les autres. Dans son costume gris souris. Les deux pieds dans la glèbe. Le devoir animal jugulé aux limites exactes du besoin. Ouvrir la volière pour nourrir un élevage de petit retraité transparent. Entrebâiller la barrière et la laisser ainsi jusqu'à la fin du rite. Pour la commodité de l'opération. Les poules auront ainsi la possibilité de sortir effectuer une balade de reines d'un moment dans la jolie prairie de mon minuscule jardin, le regard vif auquel nul insecte n'échappe fusant tel un laser invisible dernier cri, et l'arrosoir à portée de main pourra au bon moment être saisi afin de pénétrer le parc dans lequel il accomplira sa mission d'aubergiste nettoyeur. Il ne s'agit pas de tendresse - quoique - mais de dignité : changer chaque jour l'eau de ses animaux d'élevage et de compagnie est un devoir compris dans l'habitude et un principe respecté. Le portillon ainsi entrouvert n'offre pas l'espace nécessaire à l'envol des pigeons qui ne manquent pourtant pas de venir enquêter pour voir si, à tout hasard ... Car forcément que c'est bien intriguant cette brèche de lumière qui fait subodorer du large, du contenu d'espace épanoui et répandu ; qui déverse des panoplies de voyageur en invitant à voir la vie comme une nudité des premiers âges du monde. Liberté, ailleurs, possible, un alliage d'air vif des cimes confectionnant le prisme triangulaire de cette intrusion, de cette éventration de la bûche prison dont les pensionnaires pourtant me font fête puisque je porte offrande. Or, ce matin, qu'est-ce qui m'a pris ?

 

Le portillon je l'ouvre en grand et je l'oublie. Le temps de la besogne certes mais je le laisse ainsi, généreux, comme s'il refusait tout à coup de se repaître plus longtemps de volonté farouche d'emprisonnement ; comme s'il rendait son tablier de garde-chiourme, ses bras de bois croisés sur son torse bombé, la tête baissée vissée dans le refus, moue boudeuse et têtue enfermée dans une opposition synonyme d'enfantillage à faire sourire. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je le sais on le sait qu'un animal même domestique et familier ne vise très probablement qu'une belle ivresse de liberté. En permanence. Que toute sa gestuelle n'est orientée que vers un but : fuir. Se sauver. Echapper au gardien. Que cette ébauche de pensée est l'ancêtre de l'idée fixe. Que l'instinct, le besoin, la faim, la survie de l'espèce taraudent le vivant, exacerbent les pulsions, poussent le cuir lourd à se porter au devant de l'inconnu. Que tant pis si dans la jungle la pitance est vendue au prix fort et si dénicher un partenaire de l'autre sexe expose à tous les dangers. Qu'importe. Même pas de choix. La force qui pousse à être libre commande.

 

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PARALLELE DE LA PAIX

 

 

Du plus profond de l'archaïsme de l'être vivant émerge la peur du manque. Quand nos ancêtres chasseurs-cueilleurs prirent le virage de l'élevage, leur cœur se mit à battre différemment. Des tons pastels vinrent adoucir le rouge sang du courage et de la peur. Se sédentariser c'est se poser. Rompre la course. La caresse étonnamment plus efficiente que le coup. L'animal reste dans l'enclos parce qu'il y retrouve la nature, son milieu ; celui-ci de surcroît apaisé. Protection et couvert assurés l'ailleurs se revêt incertain. Lors pendant des millénaires les hommes du néolithique se gravent à l'intérieur que l'élevage des animaux est une offre de sécurité, de bien être et de paix. A contrario, si la bête encagée fuit sa prison dorée, la très vieille inquiétude ressurgit ; comme le fauve du fourré des temps anciens, lorsque la chasse indispensable à la survie. 

...

 

 

Le travail d'écriture de ce texte courra sur quinze semaines, d'octobre 2013 à janvier 2014.

 

 

 

 

 Alex Alemany  e.PNG

Peinture de Alex Alemany

 

 

 

Réécouter sur France Inter Sur les épaules de Darwin

La glace et le feu, émission du 4/10/2014 de Jean-Claude Ameisen ( disponible jusqu'au 29/6/2017 )

 

Réécouter sur France Inter Sur les épaules de Darwin

Des chants appris avant de naître, émission du 6/12/2014 de Jean-Claude Ameisen ( disponible jusqu'au 31/08/2017 )

 


 

 

 

 

 

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 Sea Shepherd Conservation Society.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



23/10/2013
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