Michel Le Quéré

Michel Le Quéré

printemps des poètes 2012

 

 

 

 

RAPPEL :

 

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Je tiens à ce rendez-vous annuel avec le Printemps des Poètes. Il fait partie des événements qui me repêchent des flots de solitude. Le métier d'artiste me va bien parce qu'il me permet de passer de l'ombre à la lumière et du dieu projecteur à la tombe absolue. Du silence aux clameurs, de la grotte à l'agora, de l'étourdissement à la petite voix intérieure. Vivre est excessif. J'estime par conséquent avoir à justifier mon passage en ce monde. Ne rien dire à aucune personne du bruissement que je fus à ses côtés ici-bas serait à mes yeux un manque de respect. La vie s'arrêtera et quoi ? Le néant ? Alors la vie est un trésor plus qu'inestimable. Je ne suis pas un poète. Je suis un simple état de l'émerveillement, un battement de coeur de l'univers qui en fouillant dans sa poche de garnement vient de découvrir parmi les billes, les hannetons et les images, un mot. Un mot puis deux jusqu'à l'envol d'une ébauche de sentiment.

J'ai à dire qui je suis qui je fus pour tenter de glorifier, ne serait-ce que d'une étincelle, la notion d'être humain. Par cette voie m'approcher, me semble-t-il, de mon royaume de Poésie à moi.

 

En 2011, j'ai donc proposé à Madame Michèle Danthony, directrice de la Médiathèque de Brives-Charensac, une animation clé en main pour le Printemps des Poètes 2012. Je dis clé en main parce que forcément, comme je suis l'excès en tout, je ne peux m'investir qu'en grand. J'ai en permanence à tenter de m'approcher de la beauté des choses. Ce n'est pas ma vision du monde qui importe, c'est l'énergie, le travail et l'amour déployés par un homme qui cherche à dire aux hommes nous avons à construire  la parole et la paix.

 

Le Printemps des poètes n'est pas pour moi une parenthèse, un havre, une césure. Je voudrais qu'il soit une invitation, une introduction. Le riche moment de la construction d'un mets savoureux. L'instant qui voit réunis sur la table de la cuisine tous les indispensables, ces ingrédients magiques qui font d'une nourriture terrestre une lumineuse levée d'âme. Pour un interminable festin de fraternité.

 

Mon Printemps des poètes à moi tel que je le vis :

- une exposition Poésie-Photographie

- un ensemble de quatre calicots Poésie-Sculpture-Photographie

- un ensemble de poèmes courts destinés au panneau lumineux de la ville

- une lecture musicale illustrée par un violon

Mais Madame Danthony veillait. Elle m'embaucha pour une lecture au sol destinée à un jeune public. Ce qui m'enchanta.

 

 

 

 

 

L'exposition Poésie-Photographie

 

 

 

 

 

 

Elle s'imposait depuis La déprise. La déprise est l'un de mes derniers recueils.

 

 

 

 

 

 

 

Justification de cette exposition ? Le thème du Printemps des poètes 2012 "Enfances".

 

"La déprise est un entretien désespéré relégué au rang de monologue. La déprise c'est ma mère qui m'a quitté, me quitte et va me quitter. Car victime de la maladie d'Alzheimer, elle a osé le désert. Sa vie ressemble à un épiderme paysager dévoré par la friche. Maman n'est plus qu'une forteresse vide et silencieuse, une âme errante, ce qui reste de la représentation symbolique du territoire immense de mon enfance. Avec le temps. Mais si le temps force l'usure, il offre par ailleurs et par nature la possibilité d'un baume. Ainsi, à force de côtoyer la massive et noire silhouette du château de Bouzols situé sur ma commune, j'ai fini par ressentir pour cette forteresse comme une sorte d'attirance teintée d'inquiétude. L'état de santé de ma mère vrille en moi le corps étranger d'une peine acide et impuissante. Cette écharde vecteur de la sensibilité du mal a maintenant très clairement revêtu le costume de basalte de cette austère demeure seigneuriale. Bouzols est le gisant de Maman."

(Extrait de la postface du livre)

 

Mots et vues se sont ainsi naturellement mariés. Le très modeste photographe que je suis a fait le reste. L'exposition regroupe vingt clichés qui fuient du soleil enfant des jours heureux au pire brouillard irréversible. Le texte ne se préoccupe guère des images. Il va son pas inconsolable, ésotérique parfois juste pour dire c'est tellement de chagrin l'absurde qui nous guette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La montée d'escalier située à l'intérieur de la Médiathèque est un cadeau pour un artiste. J'aime ce lieu. Le manque de recul du visiteur par rapport aux oeuvres exposées est largement compensé par l'attention requise lors de la progression. Visiter une exposition tout en grimpant un escalier oblige, incite à être présent, dérange délicieusement. Mais ce n'est que mon avis.

 

 

 

 

 

Les calicots

 

Réalisés sur toile par l'entreprise Banderoles-Express, ils mesurent chacun 107 cm de haut par 80 cm de large.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les poèmes courts

 

Paul Eluard a dit : "La poésie c'est ce qu'on n'attend pas." Je pense que les passants et automobilistes empruntant chaque jour le pont Galard dans le sens Valence-Le Puy ne s'attendent pas à découvrir, sur le panneau lumineux de la ville de Brives-Charensac, parmi les informations relatant la vie de la Cité, une phrase courte et singulière manifestement échappée d'un cerveau malicieux. Une formule étonnante voire même poétique destinée à ... A quoi au fait ? Destinée à peut-être réconcilier l'humain avec sa pensée, avec son imagination, avec ce petit rien qui fait de lui, sur cette terre, une conscience comme une fleur, c'est-à-dire une puissance belle et douce chargée de l'avenir de ses petits.

 

Quelques poèmes courts parmi lesquels Michèle Danthony fera son choix :

 

 

 

 

 

 

 

Lecture au sol poétique

 

 

 

 

Animation interactive destinée à un jeune public ; à partir de 6 ans. Nous prendrons tout d'abord, les enfants, Michèle Danthony et moi, un petit bain de poésie. Pour nous mettre en appétit. Nous dégusterons des Jacques Prévert, des Martine Delerm et des Maurice Carême avant de jouer, à notre tour, avec les mots. Nous terminerons des poèmes, devinerons des choses cachées, chercherons des rimes. Et puis et pourquoi pas nous tenterons à notre tour et tous ensemble d'écrire un texte, un poème, une poésie. Modeste sans doute mais bien à nous, pour la montrer aux parents et amis. Pour pouvoir dire à la fin de la séance : étant donné l'extraordinaire pouvoir du cerveau des êtres humains, c'est parfaitement incompréhensible que le monde ne soit pas en meilleure santé. Mais tout cela n'est que ma vision des choses. Je suis peut-être atteint de la maladie dite de la fraternité.

 

 

 

Lecture musicale 

 

 

 

 

 

Cécile Guillier est professeur de violon aux Ateliers des Arts du Puy-en-Velay. Je suis très heureux qu'elle ait accepté d'accompagner ma lecture. Ses idées, son talent, sa touche personnelle et sa sensibilité l'ont considérablement enrichie.

Mes lectures commencent souvent par un hommage au grand écrivain poète Guy de Maupassant. Ensuite j'en explique la raison. Viennent alors mes propres textes qui ne sont que les miens, c'est-à-dire des souffrances perdues tellement heureuses d'être émaillées ici ou là par quelques insolents traits de plume du gosse que j'ai été. "Enfances" est le thème de ce Printemps des Poètes. Donc tant de grain à moudre pour le moulin déraciné de ma propre jeunesse. En composant cette lecture, j'ai plus que jamais pris conscience du rôle de toutes ces heures revenues du plus loin me chercher. Mon enfance meurt en moi mille fois par jour. Pas vous ? Et si le fait de la déposer au pied d'un indulgent public lui redonnait tout à coup chair, soleil, parfum, saveur et autorisation de poursuivre cette délicieuse absurdité qu'on nomme vie ? Pour une heure, un instant, le temps d'un cri, d'un rire, d'un coup de fusil en plein coeur de l'irréversible.

 

 

La lecture est composée de textes et poèmes extraits des recueils et ouvrages suivants :

 

Le sansonnet  ( cent sonnets )

Portée ou l'alliance des sources  ( petits poèmes en prose )

De n'être rien on n'a que ça  ( journal )

Attention tendresse  ( chansons )

Des cicatrices en sentinelle  ( poèmes )

Hermanito  ( poèmes engagés )

Que neige pas ...  ( poèmes )

L'amarre de soie  ( poèmes )

Sanguines  ( poèmes engagés )

Les Terres de Montbout  ( récit romancé )

"Le Vernet"  ( récit romancé à l'état de manuscrit )

 

 

Cécile a choisi de jouer :

 

Humoresque de Anton Dvorak

Andante de la 2ème sonate pour violon seul de Bach

Méditation de Thaïs de Massenet

un extrait d'une Suite espagnole d'Isaac Albeniz

des variations à partir du thème de "Ah vous dirais-je Maman"

un extrait de "La clochette" de Niccolo Paganini

un extrait du Concerto en sol m pour piano de Ravel

et une ritournelle librement inspirée de "Immigrés" de Daby Touré.

 

 


 

 

Remerciements à

 

Michèle Danthony et son équipe, Cécile Guillier, Marie Bertrand, Laurie Mourgues, la Ville de Brives-Charensac, Marcel Ribeyron, André Rabérin, l'entreprise Banderoles-Express, Samuel Barber, Guy de Maupassant, Jacques Prévert, Maurice Carême, Martine Delerm, Jean-Pierre Siméon et le Printemps des Poètes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



06/03/2012
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